Approche de l’idéal du Moi

Dernière mise à jour : 3 avr. 2021

Raisonner son Moi idéal ?


Ces deux notions propres à chacun de nous, dépendent de notre Ça, notre Moi et notre Surmoi, de notre conscient et notre inconscient, des principes de réalité et de plaisir, les deux topiques freudiennes. Plus concrètement, de notre génétique, de notre histoire, de nos parents, de notre société, de notre culture…


Le Moi idéal est « ce sentiment de soi » de Sigmund FREUD, notre 1er Moi. C’est le narcissisme infantile, sa toute-puissance, instant dans lequel l’enfant était dans une plénitude absolue. Moment disparu à jamais sous l’influence de la réalité, ce Moi idéal devient l’idéal du Moi, ce que chacun souhaiterait être. Le narcissisme primaire entretenu par le Moi Idéal subit le jugement de celui qui a accepté la castration et laisse place au narcissisme secondaire. L’enfant se crée des idéaux.


C’est le besoin que je ressens d’un peu de poésie (une pulsion trouve toujours à s’exprimer), qui permet à Rudyard KIPLING, écrivain et auteur, entre autres, du « Livre de la jungle », de nous les expliquer. Il écrit le poème qui suit en 1895 pour son fils de 12 ans, nous incitant à ne pas rester l’esclave de nos émotions, que le malheur ne nous définit pas, et que chacun peut trouver en lui des capacités à atténuer les pulsions de mort, d’autodestruction et s’approcher de l’Idéal du Moi avec humilité et dignité ? Tendre vers la richesse, richesse intellectuelle, richesse du cœur et ainsi…


TU SERAS UN HOMME, MON FILS

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;


Si tu sais méditer, observer et connaitre, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre, Penser sans n’être qu’un penseur ;


Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ; Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis, Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire Tu seras un homme, mon fils.


Rudyard Kipling (1865-1936).


“La vraie valeur d'un homme se détermine en examinant dans quelle mesure et dans quel sens

il est parvenu à se libérer du moi.” Albert Einstein / Comment je vois le monde



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