Autisme

Considéré comme une maladie mentale il y a 50 ans, l’autisme est aujourd’hui le résultat d’anomalies du neurodéveloppement d’origine génétique demandant « une éducation spéciale, adaptée à leur mode de percevoir le monde. » J. CONSTANT.


Si hier, l’autisme était rare et ne touchait qu’un enfant sur 10000, aujourd’hui, c’est 1 enfant sur 68 (chiffres de 2015 du Kilée Patchell-Evans, groupe de recherche sur l’autisme dirigé par D. Mac FABE), et 3 garçons pour 1 fille.


C’est l’autisme régressif qui se développe. L’enfant évolue normalement jusqu’à l’âge de 2/3 ans puis régresse significativement sans raison apparente. « Cette forme d’autisme se repend de plus en plus depuis 15 ans, c’est une épidémie » d’après le Pr L. MONTAGNIER.


La recherche scientifique

Devant l’accroissement alarmant du nombre de cas d’autisme, et face à l’incapacité de la médecine a en expliquer les causes, la recherche travaille sur la génétique, l’identification des gènes responsables de cette maladie et pourquoi les gènes se modifient. Les facteurs environnementaux sont aussi étudiés pour détecter ceux qui agissent sur les modifications des gènes mis en cause. Des recherches sont aussi effectuées sur les chromosomes.

La recherche explore aussi la piste bactérienne sur la base que 70% (chiffre 2015 du groupe de recherche sur l’autisme Kilée Patchell-Evans) des enfants atteints d’autisme souffrent de problèmes intestinaux dont la gravité est proportionnelle au degré d’autisme.

« Plusieurs études tendent à démontrer le lien entre infections gastro-intestinales et antibiotiques, jouant un rôle dans les causes et les symptômes de l’autisme. […] Cela confère de la crédibilité aux rapports de parents qui voient souvent un lien entre les troubles digestifs et les symptômes de l’autisme chez leurs enfants. Ces symptômes comprennent une altération du langage, des comportements répétitifs, des intérêts limités, une altération sociale et un comportement d’automutilation, mais leur évolution et leur gravité sont souvent variables. » Symposium du forum Nobel, the gut in focus, D. Mac FABE, 2015.


Les différentes classifications

Si dans le DSM4, cette maladie mentale irréversible était appelée Autisme, aujourd’hui, le DSM5 la définie par Trouble du Spectre Autistique (TSA), et Troubles Envahissants du Développement (TED) pour la CIM-10. Le syndrome d’Asperger n’est diagnostiqué qu’avec la CIM-10, il n’est plus différencié dans le DSM5 qui mélange autistes et non autistes par l’élargissement de sa définition.

DSM5 : Classification de l’American Psychiatric Association, 5éme version.

CIM-10 : Classification de l’Organisation Mondiale de la Santé, 10éme version.

Les critères diagnostiques ont un impact sur la population des malades ainsi que sur la recherche scientifique, les politiques de santé et les politiques sociales, l’éducation, les aides financières et la prise en charge des malades. Ce qui explique la polémique autour des différents critères diagnostic.


Le traitement et la prise en charge

Certains médecins testent, à titre expérimental, un régime alimentaire strict et un antibiotique très spécifique, la Vancomycine, malgré une rechute sévère à la fin du traitement.

Le traitement médicamenteux portera sur certains symptômes comme l’anxiété, l’épilepsie ou l’insomnie.

La prise en charge commence par un diagnostic et la mise en place précoce (pour de meilleurs résultats) de méthodes structurées, procédurales et évaluées pour prouver leur efficacité. Plusieurs méthodes existent, comme ABA, 3I, Teach… et doivent être adaptées au niveau d’autisme de l’enfant. Elles utilisent la stimulation cognitive, plaçant l’enfant dans des univers structurés, qu’il connait et se basent sur un travail de répétition, l’utilisation des objets, des pictogrammes pour que ces enfants accèdent à des apprentissages fonctionnels. La répétition leur permet de savoir utiliser ce qu’ils ont appris.

Ces méthodes psycho-éducatives, appliquées par une équipe pluridisciplinaire (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, psychothérapie) dans des classes spécialisées, idéalement placées dans des écoles « normales » doivent être renforcées par une implication parentale active et visent l’insertion de ces enfants dans le milieu scolaire normale.

Aujourd’hui, ce ne sont que 20% des enfants atteints de TSA qui sont pris en charge dans des structures adaptées. 80% ne sont pas scolarisés ou placés en hôpital de jour. (Sources « Autisme, la grande enquête », Florent CHAPEL, Les Arènes, 2016). La prise en charge des adultes soufrant de TSA, par une réponse adaptée reste insuffisante. Un rapport IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) de 2016 fait état de 60% des autistes adultes sont traités en hôpital psychiatrique et 10% en structures adaptées. Il n’y a pas de données sur les 30% restant.


Autiste ou psychotique ?

L’autisme ne serait plus une psychose de part l’absence de délires et d’hallucinations, et est définie maintenant, par son fonctionnement spécifique, comme un trouble causé par des dysfonctionnements neurologiques. Elle ne serait plus seulement génétique mais aussi influencée par l’environnement.

Le délire et l’hallucination sont des caractéristiques de la psychose.

L’autiste et le psychotique souffrent tous deux de troubles de l’identité, de troubles de la pensée, de symptômes négatifs et de symptômes cognitifs. Mais les hallucinations, les idées délirantes (délires de persécution, délires de contrôle, mégalomanie, érotomanie…), la désorganisation de la pensée et du comportement que sont les symptômes positifs ne touchent que le psychotique.

Quant le psychotique rejette l’autre, les règlements et lois, l’autiste en a besoin. Ainsi, par exemple, après avoir préparé l’autiste, par l’explication, il est possible d’atténuer l’angoisse et de changer son environnement. Les enregistrements vidéo montrent aussi la recherche de contact, de façon particulière, de l’autiste avec l’autre.

L’autisme apparait très tôt, dans les premières années de l’enfance. Chez le psychotique, la maladie est déclenchée généralement à l’âge adulte, et la schizophrénie est diagnostiquée à l’adolescence, avec des phases de crises, de rémissions et de rechutes. Pas chez l’autiste, qui reste autiste malgré ses progrès.

Le psychotique est en conflit avec l’extérieur, il ne va pas vers l’objet (sauf pour assouvir une pulsion), il en a peur. Il est replié sur lui-même, quand l’autiste est centré sur l’objet pour retrouver le plaisir déjà éprouvé, et ne s’intéresse pas à son propre corps.

Le psychotique rejette la réalité, le monde qui l’entoure, pas l’autiste, même si dans un premier temps, il semble ne pas s’intéresser à l’autre. C’est grâce à sa recherche d’interactions et à son intérêt pour les objets que l’on peut appliquer les méthodes de développement cognitif.

Différencier l’autiste du psychotique par la précision diagnostic permettrait un traitement et une prise en charge mieux adaptés et de meilleurs résultats.


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