Homme versus Femme - Petit tour en inconscient

Un genre par rapport à un autre


La masculinité est un héritage, c’est l’acquis d’un ensemble d’attributs, de signes visuels (les poils d’une barbe, les vêtements, les bijoux, les postures et gestes…) et verbaux (le timbre de la voix, la façon de parler, le discourt…).


Cette masculinité se modifie et évolue par rapport à l’époque et à la société. Les hommes d’aujourd’hui ne ressemblent plus à ceux des siècles derniers et, vraisemblablement, ils se différencient des hommes à venir.


Une des expressions du masculin est la virilité. Cette valeur transmise de façon tacite tout d’abord, comprend des codes s’exprimant dans :


− La puissance physique,

− La fermeté morale,

− La puissance sexuelle,

− Et une forme de combativité face à la mort, une non-résignation.


Cette virilité permet de se conformer au rôle auquel la masculinité est assignée. Le non-conformisme, l’écart adopté par un homme, par rapport à sa virilité, éveille dans la société des sentiments et réflexions moqueuses allant jusqu’à la violence et la haine.


Ce qui se joue est la représentation de la dominance et du pouvoir dans l’expression de la masculinité, illustration du genre définissant le sexe. Car c’est la dominance masculine qui détermine les rapports homme/femme.


Construction du féminin


Si l’homme sait depuis sa naissance qu’il est un homme, pour une femme c’est bien plus complexe et difficile. Celle-ci doit emprunter un chemin pavé d’étapes à surmonter (déplacement des zones érogènes, investissement et changement d’objet d’amour, identification…) pour accéder à « une féminité accomplie » selon S. Freud, dont la représentation comprend le mariage et la maternité, idée profondément ancrée qui peine à évoluer.


Et voilà que « La féminité accomplie » pose la question du « primat phallique » de S. Freud, l’absence du pénis et sa compensation. Comment une femme peut intégrer la réalisation de son sexe quand il n’y a que la représentation du phallus, symbole du sexe masculin en érection. Pour qu’il y ai une représentation symbolique, il faut qu’il y ai quelque chose, du matériel. Or le sexe féminin se caractérise par un trou, une absence, selon J. Lacan.


La question (qui fit scandale à l'époque) d’avoir ou ne pas avoir le phallus fait entrer la petite fille dans le complexe d’Œdipe. A la différence du petit garçon qui en sort.


Il est à rappeler que, pour le garçon comme pour la fille, le phallus est détenu dans un premier temps par la mère. La petite fille l’attend. En grandissant, il lui ai demandé d’être plus autonome. La mère, jusque-là source de plaisir, lui interdit l’accès au sein. Elle est responsable des privations et des frustrations, interdisant ou limitant les jouissances.


La petite fille comprend l’absence de pénis comme une punition, une castration de la part de sa mère. Ce qui développe la haine à son égard. Elle désinvestit le premier objet d’amour, sa mère, lui reprochant l’impossible satisfaction du désir, pour s’identifier, comme le petit garçon, au père, supposé détenteur du phallus. Le désir du pénis qu’elle n’a pas reçu de sa mère, la petite fille l’attend de son père.


Les relations qu’entretiennent le père et la mère transforment le désir du pénis de la fille en désir d’avoir un enfant de son père. La mère devient une rivale qu’il faut éliminer, car elle obtient du père ce que la fille désir. Elle la soupçonne de vouloir l’empoisonner. Le complexe de castration à l’origine de l’animosité de la fille à l’égard de sa mère, installe le complexe d’Œdipe.

A la différence du garçon qui ne doit pas désirer sa mère et tuer son rival, son père, pour ne pas être castré. Le conflit amour/haine, inceste/parricide/matricide est refoulé. C’est le Surmoi qui s’établit. Ainsi naissent les conflits qui animent les repas de famille dominicaux. Car tout ce qui est enfoui dans l'inconscient laisse des traces dans le conscient.


Ainsi, pour symboliser l’organe féminin, la fille ne peut se référer qu’à la vision de son père arborant un pénis. La symbolisation de la forme du pénis lui permet de s’approcher de la symbolisation impossible du sexe féminin qui n’existe pas. Et ce n'est pas facile, toute sa vie la femme sera à a recherche. Ce qui explique que le phallus ne revêt pas la même valeur pour le garçon qui a un pénis et pour la fille qui n’en a pas.


Dans le champ analytique, le phallus est un terme investi de puissance. Ce symbole inconscient s’exprime dans la société par une position de pouvoir.


La position phallique étant une identification au prototype masculin, comment une femme peut exprimer féminité et pouvoir ?


Exemple d’histoire


De tous temps, la femme a été dégradée. Dégageant une mauvaise odeur (dans la Grèce antique), qualifiée d’impure (dans l’Islam), perfide et menteuse (dans la religion catholique), elle est considérée par les sociétés comme inférieure à l’homme. Il faut bien une coupable pour pardonner aux hommes leurs défauts, erreurs … impuissance.


Un exemple criant des persécutions infligées aux femmes est la chasse aux sorcières qui secoua l’Europe entre 1550 et 1650 environs.


Si l’église catholique ne peut condamner à mort, c’est par le biais de l’inquisition qu’elle se saisit de tribunaux laïques pour ramener dans le droit chemin toutes ses ouailles égarées.


La cible revêt trois visages :


- Celui de la beauté insolente qui ne saurait être honnête,

- Celui de la vieillesse ne pouvant plus enfanter, souvent veuve et indépendante,

- Celui du savoir qui pourrait supplanter le savoir masculin.


Ces trois visages du pouvoir ne doivent pas être l’exemple d’une possible émancipation féminine. Ils ne sauraient être naturels, la femme étant par définition inférieure. L’explication est le pacte signé avec le malin.

Trop jolie, trop vilaine, trop vieille, guérisseuse, sage-femme… subissent le procès à charge, à grand renfort de tortures pour finir sur le bûché. La dispersion des cendres permet de nier jusqu’à l’existence de ces femmes phalliques qui ont représenté 80 % des condamnés à mort.


Si la chasse aux sorcières est arrêtée par Louis XIV, c’est au motif qu’un siècle d’inquisition a profondément terrorisé le peuple. Cependant, la femme doit rester à la place que l’homme et la société lui assignent.


Et aujourd'hui ?


Quelle est la place de la femme dans la société actuelle ?


Toujours persécutée dans certains pays… NON, persécutée dans le monde entier !

Tuée à la naissance, à l'adolescence (âge du mariage) parce que dans certain pays les femmes sont rares (des hommes préférant détruire celles qu'ils ne peuvent avoir), mutilée (circoncise) pour le plaisir physique exclusif masculin, défigurée (à l'acide) pour réparer ses fautes, violée pour assoir une domination masculine (pas seulement dans les pays en guerre), battue, kidnappée, enfermée, transformée en esclave sexuelle et/ou domestique, réduite au silence, insultée, harcelée au travail, dans la rue, dans le bus… La situation féminine a-t-elle réellement changée ?


Alors non, la femme n'est plus brulée sur un bûcher, (cependant, elle est toujours lapidée). Oui, elle a le droit de vote, le droit à un compte bancaire, le droit de travailler (à un salaire moindre que l'homme), le droit de divorcer (héritant ainsi, majoritairement, d'une situation de précarité), le droit d'avorter (dans quelques pays), et certaines fois, le droit de dire NON (sans compensation de sa part).


Cependant, tant que des "#denonce..." en tout genre seront créés, que des différences de traitement Homme/Femme persisteront, que des numéros d'appel d'urgence à destination des femmes martyrisées existeront, que des cellules d'écoute seront mises en place dans les galeries commerciales Etc... La place de la femme restera peu envieuse.



“Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal,

mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.”

Albert Einstein


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