Impact du vécu sur le cerveau du jeune enfant.

Dernière mise à jour : 6 févr. 2021

La biologie simplifiée




Le bébé nait beaucoup trop tôt, rien n’est fini. Impossible pour lui de courir une heure après sa naissance comme le faon devant le prédateur. Impossible pour lui de trouver seul le sein nourricier comme le chaton parmi la fratrie. Cependant, le bébé nait avec deux capacités primordiales, le désir et la capacité d’apprentissage. Chaque expérience, chaque sensation, chaque émotion vont être imprimés dans son cerveau.


L’apprentissage c’est la transformation d’un stimulus en information électrique qui traverse un neurone, en molécules chimiques au niveau du synapse (lieu de connexion entre deux neurones).

Ces molécules chimiques, les neurotransmetteurs activent le neurone suivant, puis le suivant… Chaque neurone est connecté à un grand nombre d’autres. Chaque apprentissage crée de nouvelles connexions, renforçant celles déjà existantes. Plus il y aura de neurotransmetteurs libérés, mieux l’information passera. C’est ce qui nous préserve de l’oubli.


L’alliance des parties cérébrales traitant la mémoire et les émotions est renforcée par l’hippocampe (aussi impliqué dans les émotions) et permet de « graver dans le marbre » tous les événements qui auront généré des émotions fortes, agréables et désagréables. Même si certaines leçons sont apprises volontairement, la plupart du temps le processus est automatique et involontaire. Nous sommes programmés à nous souvenir, pour survivre. Je me brûle, je m’en souviens et fais attention en sortant le gratin du four.


Si un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral ou une pathologie comme Alzheimer peuvent avoir des conséquences sur certaines formes de mémoire, les automatismes de la vie quotidienne, stockés dans la mémoire procédurale, restent disponibles. Les traces mnésiques perdurent.


Effet de la violence sur le cerveau immature


Comme je l’ai expliqué, toutes expériences et apprentissages créent de nouvelles connexions neuronales. C’est la transformation d’un stimulus en information électrique qui traverse un neurone, en molécules chimiques au niveau du synapse (lieu de connexion entre deux neurones). Ces molécules chimiques, les neurotransmetteurs activent le neurone suivant, puis le suivant… Ce processus de communication entre les neurones et les cellules distantes par les axones est fondamentale pour que le cerveau fonctionne et s’organise de façon optimale.


Des chercheurs du McGill Group for Suicide Studies ont tenté d’expliquer les effets durables des violences subies dans l’enfance et le développement anormal de leurs cerveaux. En effet, la partie cérébrale (Cortex cingulaire antérieur) intervenant dans la régulation des émotions et de l’humeur subit une altération de sa structure et de ses cellules.

Normalement, les neurones communiquent par leurs axones, partie la plus longue du neurone qui conduit l’influx nerveux. L’axone est recouvert d’une gaine de protection grasse, la myéline. La myélinisation se fait pendant les 20 premières années de la vie.


Il avait été montré, grâce à l’IRM, que la matière blanche des tissus du cerveau et de la moelle épinière (composés de fibres nerveuses myélinisées) de personnes maltraitées pendant l’enfance présentaient des anomalies évidentes.


Ces chercheurs ont étudié et comparé des échantillons de cerveaux post-mortem issus de deux groupes de suicidés à la suite d’une dépression avec et sans antécédents de sévices sévères et des échantillons d’un groupe de contrôle psychologiquement sain.


Il apparait que les échantillons du groupe de suicidés ayant subi des maltraitances pendant l’enfance présentent des gaines de myéline moins épaisses sur les fibres nerveuses et que ce défaut de production se situerait au niveau de l’ADN des cellules fabricant la myéline.


Ce sont les échanges entre la partie du cerveau traitant les émotions (le Cortex cingulaire antérieur) et les structures sous-corticales lié à la récompense (l’amygdale et le noyau) qui seraient altérés et favoriseraient le développement de troubles dépressifs et les comportements suicidaires des adultes maltraités pendant l’enfance.



Et oui, la violence faite aux enfants a un impact réel sur la société. Il n'est pas nécessaire d'être un scientifique pour "en tirer" cette conclusion. En parler, c'est lever le voile sur un tabou de notre société. Laisser faire, c'est nous condamner.




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