La loi contre la fessée


C’est le 2 juillet 2019 que la France est devenue le 56éme pays à adopter la loi interdisant gifles, fessées, cris ou humiliations. Des sanctions pénales ne sont pas prévues, ce sera un rappel à la loi qui sera effectué lors des mariages civils pour sensibiliser les parents à la pratique d’une autorité sans violence.

Cette loi assimile la fessée à une violence du quotidien, de la même intensité que la gifle et l’humiliation, et rend le parent maltraitant.


A quoi servait une fessée ?


Dernier recours, la fessée utilisée de façon contrôlée et mesurée montrait la limite à ne pas dépasser. La fessée pour le professeur Robert LAZERLE, psychologue, professeur à l’université du Nebraska, serait « une soupape de sécurité », elle éviterait le recours à des violences psychiques et physiques plus importantes.

Il distingue la fessée non maltraitante, quand l’intention du parent est de corriger un problème de comportement, si elle est donnée rarement, par un parent aimant qui se maîtrise, et que l’effet sur l’enfant est un comportement corrigé, de la fessée maltraitante, celle dont le recours est fréquent, infligée avec colère, sans maîtrise et sans cause précise, la rendant anti-éducative.


La Suède


Depuis 1979, la violence éducative est illégale en Suède.

C’est contre l’avis des Suédois et malgré des statistiques sur la maltraitance infantile faible que l’interdiction de la fessée a été votée pour renforcer la protection de l’enfance dans le cadre de la loi LVU. Le but de cette mesure est la suppression de la violence chez l’adulte due aux expériences négatives de l’enfance, supprimer la dépendance à l’alcool et aux drogues, éviter les cas de dépressions, d’automutilations et de maladies mentales.


Le recul


35 ans (ou 2 générations plus tard) donnent des informations sur l’évolution de la société. Mais ces informations sont des corrélations (sans analyse multifactorielle), de plusieurs événements en même temps, et non causale, un événement qui en entraine un autre. De plus les biais dus à la sélection des populations étudiées faussent les résultats. Les témoignages utilisés lors des études ne sont pas scientifiquement surs.


Ce que le rapport Child Removal Cases in Sweden du ministère de la justice dénonce est :


· L’autorisation faite aux services sociaux de retirer les enfants à leurs parents de façon arbitraire, sans la nécessité de témoins d’actes malveillants, sur délation ou suspicion,

· Le retrait des enfants pour fugue, utilisation de cannabis, changement d’école, eczéma inexpliqué, parents souffrants de maladies chroniques, repas jugés non équilibrés…

· Des travailleurs sociaux peu qualifiés, mal rémunérés, en sous-effectif aux pouvoirs décisionnaires disproportionnés,

· Des avocats des familles inquiétés par l’état,

· Des familles en difficulté ou des minorités ethniques discriminées,

· Des liens parents/enfants rompus, les travailleurs sociaux et les familles d’accueil interdisant les contacts téléphoniques ou physiques,

· Des cas plus nombreux de maltraitance psychique et d’abus sexuels au sein de familles d’accueil peu surveillées.


Chaque année, cette loi très protectrice autorise le placement de 15 à 20 000 enfants. Face à la stigmatisation de la punition, les parents sont incités à ne plus utiliser l’autorité mais à négocier et à adopter le point de vue de l’enfant.

L’effet est l’augmentation importante des cas de troubles de l’anxiété, de tendances suicidaires et de violences contre les autres, les adultes en devenir n’étant plus préparés à faire face aux frustrations, leurs attentes étant trop élevées par rapport à une vie trop dure pour eux.

De plus, sachant qu’une famille d’accueil peut recevoir jusqu’à 1200€ par jour et par enfant selon la commune où elle réside, c’est une véritable industrie qui s’est créée avec spots publicitaires gouvernementaux pour le recrutement de familles d’accueil et l’apparition de conflit d’intérêt, les travailleurs sociaux décisionnaires ayant dans leur entourage des parents « familles d’accueil ». Ne reste plus aux parents que la fuite, quitter la Suède.


Et en France ?


Une grande différence apparait quant à la mise en place de la loi « anti-fessée » en France.

Tout d’abord, seules les jeunes mariés, lors de la cérémonie, seront « sensibilisés » à l’interdiction d’user de violences éducatives. Qu’en est-il des enfants naissant hors mariage ? Et est-ce le moment, un mariage, de parler des violences éducatives ?


La loi ne prévoit pas de sanctions, elle s’appuie sur la bonne volonté de chacun. Quelles sont les aides prévues pour les familles en souffrance ? A quel organisme s’adresser et comment sont formés les professionnels de la santé, de l’éducation et du sociale ?


Comment éviter les violences verbales, difficilement détectables, auxquelles les parents vont recourir en l’absence de formation, « éducation », qui leur permettrait d’utiliser une réponse adaptée ?

Quel est l’âge limite de prise en charge des enfants en danger, 15 ans, majorité sexuelle ou 18 ans qui sonne la majorité ? Les jeunes de 17 ans ½ sont-ils exclus à cause de la durée de mise en place des lourdeurs administratives ?


Sources :


https://psychoenfants.fr/la-fessee-quel-impact-sur-les-enfants/.


LARZELERE, Robert. L'interdiction de la fessée en Suède : plus de mal que de bien. [éd.] Families First et The Christian Institute. Bulletin d'information. août 2001, p. 18.


L'homme, Comité nordique des droits de. Cas de renvois d'enfants en Suède et dans les pays voisins. Ministère de la justice. Stockholm : s.n., 2012. p. 20.


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