Le soutien parental

Dernière mise à jour : 3 avr. 2021


Depuis la naissance nous demandons une attention de chaque instant, c’est une question de survie. Inscrit génétiquement, ces besoins sont physiques, par les soins, l’alimentation, les contacts corporels. Et aussi psychiques, les échanges, l’attentions que nous recevons influent sur notre estime de soi puis plus tard, sur notre confiance en nous.

Il suffit de voir le comportement d’un bébé de quelques mois avec sa mère pour se rendre compte de l’importance d’une attention de qualité :


- Le bébé communique avec sa mère, il attire son attention par ses mimiques, ses gestes, ses sourires. Si elle lui répond rapidement, de façon positive, gestes tendres, sourires, voix douce et claire, le bébé satisfait continue l’échange, il vocalise et peut même éclater de rire.


- S’il ne reçois pas la réponse attendue, la maman adoptant un visage sans expression, ne faisant aucun geste, pouvant détourner le regard, alors le bébé se fige, s’agite, grimace puis exprime son mal-être par les cris, la colère et les pleurs.


Très vite, le besoin d’attention du bébé grandissant se heurte à la concurrence. Maman n’est pas forcément disponible, les frères et sœurs, les activités journalières ne permettent plus la réponse immédiate. Il découvre le principe de réalité. La crainte de ne pas voir sa mère installe durablement l’angoisse.


Si dans un premier temps, le bébé a redoublé d’énergie pour obtenir ce qu’il voulait, la frustration d’une réponse tardive ou moins chaleureuse car stressée par le manque de temps par exemple, pousse le bébé à se créer un Moi rassurant. Composé de ce qu’il perçoit de son monde, de ce qu’il aime, de ses ressentis positifs, de ce qu’il imagine, des histoires qu’il se raconte, son Moi se nourrit de toutes les symbolisations et se renforce à mesure que l’enfant grandit.

Dans les moments de solitude, de tristesse, le Moi que l’enfant s’est construit est un refuge. Ce Moi réconfortant, l’enfant l’aime car il lui permet de se remonter le moral en se souvenant qu’il est important, qu’il est valable.

Cette estime de lui, c’est au travers du regard de sa mère qu’il l’a obtenu, en testant son pouvoir de séduction. A défaut d’estime de soi, il développera la honte.

Grâce aux identifications successives à ses parents, l’enfant intègre ce qui est le plus positif et aimable d’eux comme la force, la gentillesse, la persévérance, l’envie de recommencer… Ainsi, les encouragements parentaux qui accompagnent son besoin d’autonomie permettent à l’enfant de se sentir fort et reconnaissent ses qualités. L’image que l’enfant à de lui-même devient stable. Sur ces fondations solides, l’enfant construit son identité.

Les progrès réalisés dans chaque expérience d’émancipation renforcent son estime de soi.


Le Surmoi, qui consent les interdits pour ne pas « perdre » l’amour de sa mère, modifie l’image du Moi Idéal en Idéal du Moi influencé par son père. L’enfant gagne la confiance en soi grâce à la réponse de celui-ci qui l’aide à développer ses capacités de passer à l’acte. A défaut de confiance en soi, l’enfant développera la culpabilité.


Cependant, son aptitude à se surévaluer, amplifier ses qualités et oublier ses défauts doit être en accord avec la réalité. Si le narcissisme tempère les doutes et l’insécurité intérieure, évitant à l’enfant de devenir esclave des attentions et de la reconnaissance des regards extérieurs, il peut aussi donner l’effet inverse et installer le doute.


L’abandon ou la dévoration parentale rend un enfant extrêmement dépendant des attentions des autres. Car si l’enfant a intégré tout le positif de ses parents lors des identifications successives, il a aussi assimilé leur part d’« ombre » (Carl Gustav JUNG).

C’est le versant négatif de leurs personnalités, hystérique, égocentrique, tyrannique, paranoïaque, agressif…

N’ayant pas pu construire un Moi solide pour se rassurer, faute de pouvoir symboliser, bloqué par l’atteinte portée à sa pulsion de vie, il reste à la recherche de leurs réponses pour se sentir capable de… Un Moi faible rend l’enfant sans défense, vulnérable. Dans l’impossibilité de s’affirmer, de fantasmer les capacités qu’il n’a pas, il ne peut trouver dans son Moi ni l’apaisement de son sentiment d’insécurité, ni se sentir valable. Impuissant, il gardera toute sa vie le sentiment de son insignifiance, renforçant ainsi son manque d’estime en lui-même.


“Le mot progrès n’aura aucun sens tant qu’il y aura des enfants malheureux.”

Albert Einstein



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