Potentiel

Dernière mise à jour : 6 févr. 2021

Nous présentons une structure, elle est notre caractère. Faisant partie intégrante de chacun, ce caractère explique nos comportements et nos choix. En grande partie inconscient, il échappe à notre contrôle et se modèle d’après nos expériences.


Le caractère dépend de la génétique, des prédispositions établies par le cerveau. Mélanie KLEIN (1882-1960), psychanalyste, y voyait une forme de destin qui soumettait l’enfant à être anxieux, agressif, possessif, gentil, attentionné…


Le caractère se forge aussi par les expériences faites dans les premières années de la vie. Le cerveau de l’enfant, avant l’âge de cinq ans, est une éponge.


Les émotions fortes laissent des traces mnésiques encrées au plus profond de nous. Les interactions avec les autres, la réponse donnée à l’enfant, les échanges verbaux, physiques et sensoriels impacteront la structure profonde de celui-ci et détermineront son destin. Ainsi, le type d’attachement à la mère ou à la personne nourricière aura une incidence sur l’adulte en devenir.

John BOWLBY (1907-1990), psychiatre, par son étude dans les années 40 des enfants séparés de leurs familles, a défini le besoin fondamentale d’attachement du tout petit et éclairé quatre types d’attachement, autonome, anxieux évitant, anxieux ambivalent et désorganisé-désorienté.

L’autonomie dépend de la liberté donnée à l’enfant de découvrir et d’expérimenter. La mère, tout en laissant celui-ci explorer, reste disponible et attentive, intervenant selon les besoins de son enfant, par une attitude rassurante. Il se sent protégé, en sécurité, ce qui l’incite à renouveler les expériences et le conforte sur ses capacités. A l’inverse, une mère évitante, distante ou rejetante oblige l’enfant à se débrouiller, ce qui installe un sentiment d’abandon.


Selon les prédispositions cérébrales, la génétique, le type d’attachement, les expériences faites dans la prime-jeunesse, les émotions fortes, plaisantes ou désagréables et les échanges avec l’extérieur, l’enfant développe des stratégies et met en place des mécanismes de défense pour diminuer son stress, ses angoisses et atteindre le plaisir.

Ces stratégies sont des habitudes qui conditionnent les réponses faites aux autres et les choix, favorisant la répétition et les comportements obsessionnels ; car chaque pensée, action, situation ont laissé une trace dans le cerveau. C’est ce chemin déjà gravé qui sera emprunté à nouveau lors d’une prochaine expérience.


Le caractère défini la façon de résister, d’avancer, d’évoluer pour s’améliorer. Là est notre potentiel.

La force intérieure dépend de l’estime de soi et de l’attachement sécure favorisé par la mère, elle permet d’apprendre, de s’adapter.

La pleine conscience de soi, la volonté de changer ses mauvaises habitudes, celles qui impactent négativement notre vie, nous laissant triste, angoissé, insatisfait ainsi que l’attitude sont les seules possibilités d’influer sur la force du destin.

Nous sommes libre de transformer nos blessures, nos failles, nos insécurités intérieures en piliers, soutiens de nos nouvelles forces, acquises par le travail d’introspection. A l’image de l’os fracturé, il se répare en fabricant une matière particulièrement résistante qui le consolidera.


A titre personnel, mon hypervigilance et ma sensibilité développées dans l’enfance m’ont permis d’accroitre mon empathie. Cette qualité me rend disponible, à l’écoute de mon entourage et de mes clients. Elle est une force pour décrypter le langage non verbal et éviter les situations conflictuelles stériles, privilégiant les discutions ouvertes et respectueuses même face à un avis opposé au mien. Mon attitude dynamique et optimiste favorise les expériences plaisantes. Elle est aussi attractive et attire « les bonnes personnes » qui généralement me qualifient « d’atypique ».


Ma façon d’être ne me fait pas oublier ma part d’« ombre ».

Carl Gustav JUNG (1875-1961), psychiatre, y voit ce que l’humain a enfouit au plus profond de lui. C’est le refoulé, les pulsions sadiques, violentes, haineuses naturelles de l’enfance qu’il est impossible d’exprimer au sein de la famille, de la société.

Cette ombre que je cache, comme tout le monde, je l’utilise dans mon travail, que je fais avec passion et acharnement. Elle me permet de créer et de « ne rien lâcher ». Dans un sens, elle est aussi utile que mes traumatismes et la façon dont je les gère, le plus positivement possible.


Car les traumatismes subis dans l’enfance, puis les expériences négatives, les tromperies, les déceptions, les erreurs… de l’adulte, donnent le sentiment de n’être bon à rien, incapable. Il en vient à douter, le meilleur n’est pas pour lui.

Ces idées deviennent obsessionnelles. L’angoisse ressentie développe une attitude négative, hostile, anxieuse, évitante, amère jusqu’à la dépression.


L’état d’esprit influence les échanges avec l’extérieur. Une personne négative fuit et évite toutes nouvelles expériences pour éviter de souffrir. Elle anticipe pour contrôler, car l’Autre, avec ses idées, discours et point de vue divergeant, pourrait heurter les barrières érigées par les mécanismes de défense de celui à l’attitude négative et raviverait la douleur. Terrifié par la nouveauté, l’adulte devenu égocentrique « transpire la négativité » et contamine son entourage. A son contact, l’Autre devient peu à peu négatif, en absorbant les émotions de celui-ci. Cette négativité adoptée par l’autre conforte le premier dans son idée. L’évitement est source d’isolement. Le monde, les gens sont mauvais.

La rancœur s’installe, accompagnée de la colère et de la suspicion. Fragilisé, doutant de tout, se sentant incapable, cette personne négative est la proie idéale du malintentionné. C’est le cercle vicieux qui ne rend plus aucun développement psychique positif concevable. Quel échappatoire envisageable… l’alcool, les drogues et médicaments, la dépression, la maladie ?


Se forcer à un état d’esprit positif, au-delà et malgré des prédispositions de caractères, c’est colorier sa vie en couleurs pastel, c'est optimiser son potentiel.


Connaitre ses limites, vouloir les dépasser permet de constater que tout vaut la peine et renforce ses capacités, dont celle d’entreprendre. L’échec et la critique deviennent un apprentissage. C’est l’assurance que l’Autre, par sa négativité, ne peut plus nous atteindre. Le « Tout est possible » nourrit l’énergie positive.


L’autonomie, l’attitude par l’état d’esprit positif, l’acceptation de Soi, de ses limites, nous conduisent à la pleine conscience. Ainsi, l’adulte autonome et accompli, profite de chaque instant d’un monde riche, intéressant et dynamisant.


En d’autres termes, notre autonomie est notre liberté, tendre vers l’idéal du Moi.



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