Sac à dos et armure

Dernière mise à jour : 3 avr. 2021

Prise de conscience du mal-être existentiel


Le mal-être existentiel est primordial pour l’homme, la maladie en est la conséquence.


Dans le travail d’analyse, l’analysant ne doit pas nourrir l’illusion que le thérapeute va le soigner, l’illusion d’une guérison. Le travail analytique c’est rendre conscient ce qui est inconscient, et aussi mettre en lumière le vide intérieur de l’analysant, le manque, traduit par le symptôme. L’analyse donne sa liberté à l’analysant, sa singularité face au deuil, à la souffrance, à la culpabilité.


Chaque individu souffre avant tout du manque à être, car celui-ci est structurel, constitutif de l’homme, lui imposant d’accepter sa responsabilité, sa culpabilité. L’homme nait avec un manque ; et l’homme, dans son incomplétude, recherchera toute sa vie sa complétude, combler ce manque.


D’abords par l’autre, car l’enfant qui vient de naitre sait qu’il ne pourra subsister que grâce à lui (l’être nourricier, sa mère) dont il dépend entièrement. Celle-ci est « programmée » pour lui être dévouée, et c’est tout l’univers de l’enfant qui répond à ses moindres demandes, ses moindres besoins, ses moindres désirs. Les soins s’accompagnent de la parole, sa mère lui parle, elle chante, elle lui explique. C’est le langage qui donne accès aux symboles, aux représentations. Le langage sera le facteur de la séparation, de l’individuation. Langage maternel de l’amour, du principe de plaisir et de la confiance en soi (se considérer capable), qui donne la place au langage paternel, celui de l’interdit, du principe de réalité et de l’estime de soi (se considérer valable).


Le manque à être est renforcé par le manque à avoir. Et l’homme s’illusionne qu’avoir c’est être (avoir l’objet, avoir le phallus, avoir le pouvoir). C’est le complexe de castration, avoir ou pas un pénis, qui distille bientôt la souffrance et la peur de perdre le pénis, pour les hommes ou la réparation et la compensation de l’absence de pénis chez les femmes.


Le complexe de castration se rapproche du complexe structurant d’Œdipe, avoir ou pas un pénis (organe réel) c’est avoir ou pas le phallus (représentation mentale du pénis, fonction symbolique du pénis en érection, la puissance) et rien ne comblera jamais ce manque.


Ainsi l’événement n’est pas déclencheur de symptôme ou de maladie, le processus psychique activé par cet événement est archaïque. Il prend racine dans la petite enfance, quand l’enfant était un pervers polymorphe, jouisseur de ses pulsions débordantes, entièrement immergé dans le principe de plaisir et cependant, déjà juge de sa propre jouissance, déjà éprouvant de la honte. Pour Sigmund FREUD, avant l’élaboration de la morale, l’enfant fait déjà la différence entre le bien et le mal.


L’intériorisation des interdits parentaux modelant le Surmoi par la résolution du complexe d’Œdipe et le renoncement à certaines pulsions à cause du sentiment inconscient de culpabilité et du besoin de punition, se fait dans un second temps, après qu’il y est eu élaboration d’un Surmoi germinal interne. C’est le Surmoi des interdits parentaux qui confirme la culpabilité créée par le Surmoi germinal du pervers polymorphe.


La honte ne provient pas d’un acte commis considéré par l’extérieur comme non-conforme, immorale, honteux… La honte, comme la culpabilité précède l’acte. De la conscience de culpabilité nait l’angoisse (de castration) d’une sanction consécutive à une faute commise.

Ce manque à être tellement nécessaire à chacun, nous poussant vers l’avant, nous obligeant à expérimenter, devient l’enclume à laquelle est attaché le tortionnaire névrosé, victime de son insatisfaction.


C’est par la violence envers l’extérieur qu’il cherche à calmer la souffrance distillée par son incapacité à aimer et à être aimé, se rassurant dans la cérébralisation de l’acte : « Si je t’ai fait mal, c’est ta faute ; si je t’ai fait mal, c’est pour ton bien ; regarde ce que tu m’oblige à faire. »

Et l’acte permet au bourreau de se punir lui-même par sa culpabilité et sa honte.


L’enfant supplicié, dont le seul tort est d’être là, lui aussi sera enchainé à l’enclume qu’est son manque à être, coupable de penser que c’est sa faute, coupable de penser que personne ne peut l’aimer, puisque même ses parents ne l’aiment pas. Comment alors, garder l’équilibre entre le Moi Idéal, qu’il pense à l’origine de son supplice, et l’Idéal du Moi qu’il est persuadé ne jamais atteindre, manquant d’estime de soi et de confiance.

Et subir permet à la victime de se punir elle-même par sa culpabilité et sa honte.


Comment renoncer à la violence ? Comment renoncer à la punition ? Comment entreprendre un travail de deuil ?


“Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le cœur des hommes.”

Albert Einstein



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