Violences psychologiques parentales

L'école Palo Alto


Les violences psychologiques peuvent être facilement utilisées par le parent. Elles ne laissent pas de traces sur le corps et permettent à celui-ci de minimiser leur porté. De plus, le parent peut avoir recours à ces violences quand il le souhaite, même devant des étrangers. Les violences psychologiques sont destructrices.


Dans le cadre des réunions interdisciplinaires de l’école de Palo Alto, créée par Grégory BATESON (1904-1980), anthropologue et psychologue, dans les années 50, les études sur les théories de la communication ont permis de mettre en évidence « 3 figures d’invalidation du psychisme, d’atteinte au travail de penser et à l’édification de l’identité :


- La disqualification : sorte de dénégation qui porte sur le sujet, non prise en considération brutale du désir de communiquer manifesté par une personne et ceci indépendamment du contenu de son message. Une personne après s’être exprimée, se voit sanctionnée, dévalorisée, disqualifiée pour avoir pris l’initiative d’entrer en communication.


- La mystification : dénégation qui porte sur le contenu du message, c’est-à-dire sur la perception de son vécu. Le vécu du sujet est falsifié, mystifié comme si le témoin savait mieux que le sujet lui - même ce qu’il ressent, comme s’il était dépositaire de la vérité de l’autre.


- La double entrave : le sujet en position de dépendance vis-à-vis de l’entourage est confronté à des injonctions doubles qui se contredisent (les mots qui disent l’amour et le regard qui dit la haine). La double entrave a un effet destructeur :

• Quand elle se renouvelle,

• Quand le sujet est dans une situation d’extrême dépendance à l’autre,

• Quand il n’a pas la possibilité de méta - communiquer, c’est-à-dire s’il ne peut prendre du recul et apporter des précisions sur le contenu de son message (communiquer sur la communication),

• Que la responsabilité de la conduite paradoxale est rejetée sur la victime.


[…] Il s’agit de 3 formes d’atteintes portées à la subjectivité d’autrui au moment où il cherche à manifester sa singularité. Or le sujet humain signe sa spécificité humaine par ses compétences (ressenti, empathie), par ses capacités à s’accorder au registre émotionnel d’autrui. Le lien de confiance est sapé. Il en résulte un clivage entre l’aspect idéalisé de l’autre et l’aspect persécuteur. Les défenses qui interviennent lorsque la continuité fait défaut sont mobilisées pour préserver le self (le self fait référence aux sentiments et aux pulsions de l’ensemble de la personnalité pour M. Klein) de l’anéantissement ou des agonies primitives. »



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